31 July 2019

Summer's Revel

Pierre de Ronsard, ­À son laquais
J’ay l’esprit tout ennuyé
D’avoir trop estudié
Les Phenomenes d’Arate :
Il est temps que je m’esbate
Et que j’aille aux champs jouer.
Bons dieux! qui voudroit louer
Ceux qui, collez sur un livre,
N’ont jamais soucy de vivre?

Que nous sert l’estudier,
Sinon de nous ennuyer
Et soing dessus soing accrestre,
A nous qui serons peut-estre,
Ou ce matin, ou ce soir,
Victime de l’orque noir,
De l’orque qui ne pardonne,
Tant il est fier, à personne?

Corydon, marche devant;
Sçache où le bon vin se vend.
Fais après à ma bouteille,
Des feuilles de quelque treille,
Un tapon pour la boucher.
Ne m’achete point de chair,
Car, tant soit-elle friande,
L’esté je hay la viande.

Achete des abricôs,
Des pompons, des artichôs,
Des fraises et de la crème:
C’est en esté ce que j’aime,
Quand, sur le bord d’un ruisseau,
Je les mange au bruit de l’eau,
Estendu sur le rivage
Ou dans un antre sauvage.

Ores que je suis dispos,
Je veux boire sans repos
De peur que la maladie
Un de ces jours ne me die,
Me happant à l’imporveu:
Meurs, gallant, c’est assez beu.
Post title from the English translation here.

I've seen "rire sans repos" instead of "boire sans repos" in some editions — perhaps a bowdlerization, but I'm too lazy to look up the details.

Bust of Ronsard at the Prieuré St-Cosme