14 November 2017

Immutable Destiny

Alfred Sensier, Jean-François Millet: Peasant and Painter, tr. Helena de Kay (Boston: James R. Osgood & Co., 1881), p. 111
The new rustic art of [Jean-François] Millet had made the young men think; at once literal and imaginative, it roused in some minds a whole world of political and social problems. Some called him the brother of Pierre Dupont, the singer of peasants, and the eloquent ally of Lachambeaudie, the novelist of the sorrows of the people. "The Sower" cursed the rich, they said, because he flung his grain with anger toward the sky. Every one talked of the artist's work, and tried to make it a weapon. But Millet did not consider himself so important or so revolutionary. No subversive idea troubled his brain. Socialistic doctrines he would not listen to; the little that came to his ears, he said, was not clear. He often said: "My programme is work. 'Thou shalt gain thy bread in the sweat of thy brow' was written centuries ago. Immutable destiny, which none may change! What every one ought to do is to find progress in his profession, to try ever to do better, to be strong and clever in his trade, and be greater than his neighbor in talent and conscientiousness in his work. That for me is the only path. The rest is dream or calculation." 

Jean-François Millet, Le Semeur (1850)

From La vie et l'oeuvre de J.-F. Millet  (Paris: A. Quantin, 1881), pp. 156-157:
Le nouvel art rustique de Millet avait fait réfléchir la jeunesse; cette traduction, réelle et pensive tout à la fois, avait suscité dans l'imagination de certaines gens tout un monde de pensées politiques et sociales. Les uns prétendaient que Millet était en peinture le frère de Pierre Dupont, le chantre des paysans, l'éloquent allié de Lachambaudie, le fabuliste des misères du peuple. Le Semeur maudissait, disait-on, la condition du riche, puisqu'il lançait avec colère son grain vers le ciel. Chacun commentait l'œuvre de l'artiste et essayait de s'en faire une arme. Millet ne se croyait ni si important, ni si révolutionnaire.

Devenir un peintre de la Jacquerie, c'était trop compliqué pour lui. Nulle idée subversive ne bouillonnait en lui. Des doctrines sociales, il ne voulait en connaître aucune. Le peu qu'il en avait entendu dire ne lui semblait pas clair. Et il répétait souvent : « Mon programme, c'est le travail, car tout homme est voué à la peine du corps. Tu vivras à la sueur de ton front, est-il écrit depuis des siècles: destinée immuable qui ne changera pas! Ce que tout le monde devrait faire, c'est de chercher le progrès dans sa profession, c'est de s'efforcer à toujours faire mieux, à devenir fort et habile dans son métier et à surpasser son voisin par son talent et sa conscience au travail. C'est pour moi la seule voie. Le reste est rêverie ou calcul. »

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